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D’Alger qui libère les otages… à Alger qui en fabrique

  Voici une analyse de cette dérive, du prestige historique à la crise actuelle : 1. L’Âge d’Or : Alger, la "Mecque des Révolutionnaire...

 

Voici une analyse de cette dérive, du prestige historique à la crise actuelle :

1. L’Âge d’Or : Alger, la "Mecque des Révolutionnaires" et des Médiateurs

Pendant longtemps, Alger a été le terrain neutre par excellence. Deux événements majeurs ont forgé cette légende :

  • 1981 : La libération des otages américains en Iran. C'est le sommet de la diplomatie algérienne. Grâce à une médiation acharnée, Alger obtient la libération des 52 diplomates de l'ambassade américaine à Téhéran, là où toutes les autres puissances avaient échoué.

  • La neutralité proactive : Alger était le médiateur respecté des conflits entre l'Iran et l'Irak, ou encore pour les accords de paix en Afrique.

2. Le Basculement : La "Fabrique" de l'Instabilité

Aujourd'hui, l'expression "fabriquer des otages" ne doit pas être prise au sens littéral de rapt physique par l'État, mais plutôt comme la création de situations de blocage et de prises d'otages diplomatiques, sécuritaires et économiques :

  • L’instrumentalisation des flux migratoires : À l'instar de ce que certains voisins ont pu faire, Alger est accusée d'utiliser la pression migratoire vers l'Europe (notamment vers l'Espagne et l'Italie) comme un levier politique pour imposer ses vues sur le dossier du Sahara Occidental.

  • L'instabilité au Sahel : Alors que l'Algérie était le garant des accords d'Alger (2015) pour le Mali, l'effondrement de ces accords et les tensions avec les juntes malienne et nigérienne ont transformé la frontière sud en un foyer de tension. En ne parvenant plus à stabiliser ses voisins, Alger est perçue comme laissant le champ libre aux groupes armés qui, eux, pratiquent l'industrie de l'otage.

  • Le dogmatisme diplomatique : En rompant les ponts avec plusieurs de ses voisins et partenaires (Maroc, Espagne, puis tensions avec la France), Alger s'est enfermée dans une diplomatie de la rupture. Chaque dossier devient une "otage" de sa doctrine de souveraineté absolue.

3. Les conséquences en 2026

Dans le contexte actuel de la guerre en Iran et des tensions énergétiques mondiales :

  • Le Gaz comme arme : Alger utilise sa position de fournisseur clé pour l'Europe comme une forme de "capture" diplomatique. L'Europe est "otage" de sa dépendance au gaz algérien pour compenser l'absence du gaz russe, limitant sa capacité à critiquer la politique intérieure ou régionale d'Alger.

  • L'isolement croissant : En perdant son rôle de médiateur pour devenir une partie prenante (souvent rigide) des conflits, l'Algérie perd son "soft power".


Le paradoxe est là : alors qu'elle tirait sa force de sa capacité à dénouer les crises des autres, l'Algérie semble aujourd'hui se nourrir des crises régionales pour maintenir son influence intérieure et extérieure.

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